"Voyage sans visa" vendredi 6 juin 20h30

Conte musical - BOUBACAR NDIAYE

Le  conteur  Boubacar  nous  fait  part  de  son  rêve  de  jeune  sénégalais  de
changement  vers  un  monde  meilleur.  Dans  ce  spectacle,  il  nous  révèle  son
admiration pour les oiseaux et son désir de faire comme les hirondelles : partir
librement vers d’autres horizons pour mieux revenir dans leurs nids.
Voyage sans visa parle de la souffrance de ces familles, de ces femmes qui
attendent leurs maris, leurs enfants partis depuis des années.  Ce jeune griot
questionne  la  place  du  bonheur,  de  la  réussite  de  ces  immigrés  qui,  pour
certains, prennent la pirogue au péril de leur vie. Il nous invite à une prise de
conscience de ce que peut engendrer l’exil  et le fait de quitter sa terre natale :
partir mais pas mourir.
Dans ce spectacle, les artistes chantent la beauté de Saint-Louis du Sénégal
et ses environs, nous entraînant jusqu’à Tivaouane à la rencontre des Arts de
la parole, de la famille et de la Teranga Sénégalaise. A travers la musique, ils
nous livrent également l’amour qu’ils peuvent porter à leur pays d’adoption.
Quand trois porteurs de mémoire se retrouvent ensemble sur scène, l’Afrique
au contact de l’Occident se tient debout, danse mais aussi dénonce :
que signifie «  sans papier » ? Ne venons-nous pas de quelque part ?!

 «  Une  culture  on  est  assis  dessus,  on  ne  la  voit  pas  sans  l’autre  »  d’où
l’importance de vivre avec autrui pour savoir qui nous sommes. Pour Boubacar
Ndiaye, chaque rencontre est une lumière de laquelle naît une mélodie, une
porte  ouverte  pour  continuer  son  voyage.  C’est  dans  cette  mouvance  qu’il
construit ses spectacles : donner et recevoir.
Voyage sans visa réunit trois artistes sénégalais aux parcours très divers. Par la
musique, la parole et le chant, ils empruntent le même chemin et se retrouvent
autour d’un sujet qu’ils partagent. La percussion réveille les ancêtres et nous
rappelle notre attachement à la terre ; la guitare - instrument Occidental - est
transformée et scande une musique singulière avec des sons venus d’ailleurs ;
les chants traditionnels sous forme d’appels, sont une hymne à la vie empreinte
d’ivresse et de nostalgie.
« Le conte amène la musique, la musique raconte une histoire, les deux ne
faisant qu’une seule voix.»
Fort  de  sa  rencontre  avec  Katy  Becchia  Sala,  auteure  de  toiles  autour  des
«Sans» 1 , Boubacar souhaite habiller le fond de scène de tableaux de l’artiste
de grand format. Les œuvres figuratives, très colorées, engagées socialement
et politiquement symbolisent pour certaines deux mondes en opposition : ceux
d’en haut et ceux d’en bas … séparés par des fils barbelés.
«  En  Afrique  tout  est  parole  et  symbole,  la  peinture  représente  une  parole
visible. »
Un film composé de captations de ces toiles et d’images relatives à l’immigration
sera également projeté pendant le spectacle.

 

1 Les «Sans» désignent les personnes sans domicile, sans papiers, sans ressources, sans liberté, etc