Eugène Ebodé

 

photo Eugène Ebodé

 

Né le 11 janvier 1962 à Douala au Cameroun. Études primaires et secondaires à Douala, sa ville natale, et à Yaoundé au lycée bilingue de Yaoundé. Puis à N'djaména, au Tchad, où il s'inscrit en classe de terminale D au lycée Félix Eboué. Avant les épreuves du Bac, les troubles politiques reprennent au Tchad. La guerre civile pousse Ebodé à retraverser le fleuve Chari sous une pluie de balles pour retourner dans son Cameroun natal.

Marqué par son errance "intra" africaine, il a le sentiment d'assister aux convulsions d'un monde qui n'arrête pas d'agoniser. Il envisage alors un exil, cette fois en Occident, d'autant que les années Ahidjo sont marquées par un autoritarisme déprimant. La passion pour le football va reporter de deux ans ce projet. Ses parents sont de conditions modestes et le football représente aussi le moyen de réaliser quelques économies avant le voyage vers la France. En effet, Charles Ondolo Ébodé, son père, est infirmier. Assena Vilarienne, sa mère, est femme au foyer. Elle y a fort à faire avec ses 10 enfants (6 garçons, 4 filles). Eugène Ebodé en est le troisième. La lecture est à la fois pour lui un merveilleux guide et un compagnon.

Ses débuts dans le football, en 1980, sont réussis. Il devient dès la première journée de championnat de football de première division du Cameroun, le gardien de but titulaire du " Dragon de Douala ". Quelques mois plus tard, il est convoqué en équipe nationale junior, les " Lionceaux du Cameroun " pour les éliminatoires de la coupe du monde junior en Australie. Malgré la qualification de l'équipe, il ne fera pas partie du groupe qui s'envole pour Sydney. La saison suivante, il signe dans la " Dynamo de Douala ", club qui deviendra " la dynamite " dans son roman La divine colère.

En 1982, il quitte le Cameroun pour la France. Il reprend les études tout en jouant dans un club amateur à Argenteuil. Après l'obtention du baccalauréat, il est admis au concours d'entrée de L'Institut d'Études Politiques d'Aix-en-provence. Diplômé en 1988, il entre au CELSA (Ecole des Hautes Etudes en sciences de la communication et de l’information) où il obtient l'année suivante le DESS en communication et relations publiques.

Il est d’abord formateur au Centre National de la Fonction Publique Territoriale avant de devenir, à Achères, directeur adjoint du service Jeunesse, puis directeur des affaires culturelles et directeur de cabinet du maire. Conseiller municipal de la commune de Villepreux, ancien chroniqueur littéraire de l’émission Cosmopolitaine, sur France Inter. Il est actuellement chroniqueur du journal Le Courrier de Genève.
A reçu le prix Yambo Ouologuem décerné à Bamako le 10 février 2012.

Les axes du réalisme magique chez Eugène Ébodé
Le réalisme magique est le courant littéraire auquel il souhaite « adosser ses écrits et ses contes exprimant le retournement des morts. ». Après La transmission, roman inaugural d’une trilogie axée sur la représentation d’une jeunesse africaine, Eugène Ebodé clôt ce cycle romanesque avec Silikani. Il est question dans ce roman cadencé, d’un hommage aux musiciens africains et aux jazzmen. Les thèmes favoris de l’auteur sont la mémoire et la transmission des valeurs de progrès présentes en chaque culture. Eclectique, il aime lire la littérature russe et plus particulièrement son incontestable icône : Alexandre Pouchkine.

 

blog de l'écrivain : eugeneebode.canalblog.com/

 

http://www.eugeneebode.com

Bibliographie

 

Romans (une trilogie)
– La transmission, éd. Gallimard, 2002.
– La divine colère, éd. Gallimard, 2004.
– Silikani, éd. Gallimard, 2006.
– Métisse palissade, Gallimard, 2012
– La Rose dans le bus jaune, Gallimard, 2013

Poésie
– Le Fouettateur, éd. Vents d'Ailleurs, 2006

Contes
– Grand-père Boni et les contes de la savane (éditions Monde Global) - 2006.

Nouvelles
– Le capitaine Messanga – ouvrage collectif – Gallimard jeunesse – 2004
– Anata et Basilou – ouvrage collectif – Gallimard jeunesse - 2005
– Le match retour – ouvrage collectif – Gallimard jeunesse - 2006
– La dame étoile, in dernières nouvelles de la Françafrique - Vents d’Ailleurs - 2004
– La profanation, in dernières nouvelles du colonialisme – Vents d’Ailleurs - 2006

Essais
– La sublime négrité de Pouchkine, in Pouchkine et le Monde Noir – Présence Africaine – 1999
– Jacques Rabémananjara, le totem, Lecce, Italy, 2004
– Il me sera difficile de venir te voir, éd. Vents d'ailleurs, 2008
– Tout sur mon maire, éd.Demopolis, 2008

 

Extraits

 

Extrait 1 : Silikani (roman, Gallimard – 2006)
"L'oiseau qui vient de loin s'empêtre facilement dans la glu", prévient un proverbe Beti.
Mère me l'avait suffisamment dit avant mon voyage pour que je ne puisse jamais l'oublier. Elle cherchait ainsi à me prémunir contre les nombreux pièges qui, selon son intuition, m'attendaient en Europe. Ses craintes, ressassées jusqu'à l'écoeurement, ne contribuaient, à vrai dire, qu'à accroître en moi le désir d'Occident. Elle était heureuse de me voir partir, mais elle se laissait envahir par une vague de pessimisme qui m'horripilait. Je repensais aussitôt à cet autre proverbe Beti, que Père utilisait contre les défaitistes : "On ne peut marcher en regardant les étoiles quand on a un caillou dans ses souliers."


Extrait 2 : Le Fouettateur (poème épicé, éd Vents d’Ailleurs – 2006)
Le Fouettateur dit : « C’est la famine qui enfante l’errance. L’accroupissement devant les désastres et devant la mort est ancien. Erigez le monument de la vie partout ! Donnez-lui toutes les imaginations, les fantaisies et les beautés possibles ! Ce siècle si jeune, le XXIè, est de tous ceux que j’ai vus, celui qui a vieilli le plus vite. Il porte déjà en lui les signes précurseurs de l’ère des ravages : intolérance, obscurantisme, dissolution des convictions, renoncement à la politique entendue comme l’affaire de tous. La peur suinte et pue. » difficile de venir te voir, ed vents d'ailleurs

 

Lieu de vie

 

Languedoc-Roussillon, 34 - Hérault