Des Etoiles

Vendredi 6 juin : 20h30 Cinéma Véo Muret

Entre Turin, Dakar et New York, les destins de Sophie, Abdoulaye et Thierno se croisent, se font écho et dessinent une constellation de l’exil. Sophie, 24 ans, quitte Dakar pour rejoindre son mari Abdoulaye à Turin. Mais entre-temps, Abdoulaye est déjà parti à New-York par l’intermédiaire d’un réseau de passeurs. Thierno, 19 ans, voyage lui pour la première fois en Afrique. A travers trois personnages, « Des Etoiles » nous fait voyager dans la diversité des villes parcourues et nous confronte aux réalités et aux espoirs de l'émigration contemporaine

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"Des Etoiles" un film de Dyana Gaye

 Des Étoiles, le premier long métrage d'une réalisatrice franco-sénégalaise, Dyana Gaye. Elle suit les parcours croisés de jeunes Sénégalais sur trois continents. Un film qui vient de remporter deux prix au festival Premiers plans d'Angers.

 

Ils s'appellent Sophie, Abdoulaye ou Thierno... Ces jeunes Sénégalais d'une vingtaine d'années voyagent à New York, Dakar ou Turin... Qu'il s'agisse d'une immigration de travail, de retrouver un mari ou d'aller enterrer un père au pays, ces migrants, ces étoiles, forment une constellation de l'exil... Nulle douleur de clandestin, de misère ou d'âpres difficultés dans ce premier film. La réalisatrice franco-sénégalaise Dyana Gaye préfère même parler de voyage pour ces jeunes issus de la classe moyenne : « Il y a le personnage d’Abdoulaye qui arrive à New York à travers d’un réseau de passeurs, mais l’idée du film c’était d’avoir des contrepoints. Et à travers du personnage de Sophie ou de sa petite sœur Dior qui ne rêve que d’Amérique, on n’est pas nécessairement dans une migration économique. Ces jeunes filles ont juste envie de voyager, d’être libres, comme moi qui le suis, d’aller à Angers hier, d’être à Paris aujourd’hui et d’aller demain à Turin, si j’ai envie. »

Un film en douceur
 
New York, Turin ou Dakar, des villes que la réalisatrice franco-sénégalaise de 38 ans connaît bien. Après s'être fait connaître avec des courts-métrages sélectionnés dans des festivals internationaux, Dyana Gaye n'a pas choisi la facilité pour son premier long métrage : elle multiplie les points de vue, fait entendre des dialogues en anglais, français, italien, wolof, nouchi... Loin des représentations misérabilistes, Des Étoiles montre avec douceur des migrants africains réalistes et touchants.
Ecoutez l’interview avec Dyana Gaye dans Tous les cinémas du monde.

Ça sent la relève : Dyana Gaye, réalisatrice de “Des étoiles”

Rencontre | Son truc, c'est les comédies musicales. Ses attaches, l'Italie et le Sénégal. Dyana Gaye, récompensée à Angers pour son premier long métrage, nous parle de ses influences.

Le
Propos recueillis par Jacques Morice

 

 

Elle a la double nationalité – française et sénégalaise. Mais elle est aussi du monde entier. Depuis ses quatre courts métrages (dont Un transport en commun, comédie musicale enthousiasmante), on sait que Dyana Gaye affectionne le multiculturalisme et le cultive avec beaucoup de grâce.

Des étoiles, son premier long métrage sorti cette semaine, raconte le chassé-croisé de migrants, à travers trois villes, Turin, New York et Dakar. Au 26e festival Premiers plans d'Angers, le film vient de décrocher deux prix (Grand Prix du jury et Prix du public).

Comment êtes-vous devenue cinéaste ?
Je pense que c’est venu assez tôt. J’ai une mère qui est très cinéphile, on allait beaucoup au cinéma ensemble, voir surtout des films du répertoire, des classiques français. Mon père, lui, a une autre culture cinéphile, très western, film noir. Vers 13 ans, je me suis renseignée pour savoir comment on devenait cinéaste, quelle orientation il fallait choisir. Je ne voulais pas être devant la caméra, mais derrière, pour raconter des histoires. Après 14 ans, j’avais les idées très claires sur ce que je voulais faire.

Mon désir profond vient des comédies musicales. La véritable accroche, l’émerveillement pour moi, ce fut les classiques hollywoodiens, avec Fred Astaire, Ginger Rogers. De là aussi mes études de danse et de musique : j’ai longtemps pratiqué le piano, au conservatoire. Puis j’ai rejoint la fac de ciné à Saint-Denis… Sans perdre de vue la comédie musicale, qui reste pour moi le genre idéal, où tout converge, l’image, le travail sur le son, la musique, l’histoire.
 
Propos recueillis par Jacques Morice : Télérama