LE DERNIER CONVOI, un film de Brahima Gnamou, Burkina Faso (2010 - 75 mn).

 

Venu rendre visite à son ami Simon, Jim, Maître de Kung Fu, se retrouve au centre d’un trafic d’enfants dirigé par le « le Diable », un homme très dangereux accompagnés de gardes du corps sans pitié. Six élèves de l’école de Kung Fu de Simon ont également disparu après avoir eu l’audace de s’attaquer à ces trafiquants. Avec Aline, une fille rencontrée la veille, Simon et Djim s’attaquent au réseau.

 Ne ratez pas ce film d’action réalisé par un burkinabè et tourné à Ouagadougou, sur le thème du trafic d’enfants, dans une ambiance Kung Fu, avec un producteur mervillois ! Un film présenté au Fespaco 2011 (Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou).

 Dimanche 23 février à partir de 16h30 (Film à 17h00)

au Pub « Bières autour du Monde » - 5 rue de la brasserie. Entrée libre.

12 Years a Slave

Affiche 12 years a slave

 

Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave. Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité. Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie.

 

Inspiré d’une autobiographie éponyme signée Solomon Northup.

Il est nommé aux Bafta du Meilleur Film, du Meilleur Réalisateur, du Meilleur scénario adapté, du Meilleur acteur (Chiwetel Ejiofor), du Meilleur acteur dans un second rôle (Michael Fassbender), de la Meilleure actrice dans un second rôle (Lupita Nyong'o), Meilleure Musique, Meilleure photographie, Meilleur montage, Meilleur Directeur artistique.

Le film est nommé aux Oscars dans les catégories Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleur scénario adapté, Meilleur acteur (Chiwetel Ejiofor), Meilleur acteur dans un second rôle (Michael Fassbender), Meilleure actrice dans un second rôle (Lupita Nyong'o), Meilleure direction artistique, Meilleur montage, Meilleurs costumes

 

 

À l'occasion de la sortie de "La Marche", attendu sur nos écrans le 27 novembre, rencontre avec le réalisateur Nabil Ben Yadir et le comédien Tewfik Jallab.

 

 

© 2013 / CHI-FOU-MI PRODUCTIONS / EUROPACORP / FRANCE 3 CINEMA / KISS FILMS / ENTRE CHIEN ET LOUP / L’ANTILOPE JOYEUSE / Marcel Hartmann / Thomas Bremond

 

 

 

Comment cette histoire est-elle venue à vous ?

 

Nabil Ben Yadir : Je ne connaissais pas vraiment l’histoire de la Marche, seulement la fin en fait. J’ai des souvenirs d’un rassemblement, mais je n’aurais jamais imaginé que c’était des jeunes des Minguettes, inspirés par Ghandi, qui avaient créé ce mouvement naïf, utopique. C'est une histoire que je trouve extrêmement cinématographique. Et puis, je me suis posé plusieurs questions : comment se fait-il que, grande gueule comme je suis, je ne sois pas au courant de cette histoire ? Comment se fait-il que les gens ne se la soient pas appropriée ? Comment se fait-il que 80% des moins de 30 ans ne la connaissent pas ? Ça c’est le deuxième moteur. Et le troisième, c’est la rencontre avec les vrais marcheurs, qui a été le dernier coup d’accélérateur pour se dire qu’il fallait faire ce film, contre vents et marées.

 

 

 

Tewfik Jallab : Moi, j'ai pris un cours d'histoire en lisant le scénario. Le film fait exactement son travail, c'est-à-dire informer les gens sur cette histoire vraie qui a eu lieu et qu'il ne faut pas oublier.

 

"Il fallait faire ce film, contre vents et marées"

 

Les relations à l’intérieur du groupe : dans quelle mesure sont-elles vraies ?

 

Tewfik Jallab : Tout est réel. Vous savez, ils se sont pris la tête. Forcément, il y a des jours où ils étaient mal lunés. Ils avaient fait 30 bornes, ils étaient mort. Et puis parfois ils hésitaient, ils doutaient, ils avaient envie d’arrêter, il fallait se remotiver… Ça reste des mecs qui ont 20 piges, qui n'ont jamais voyagé, qui découvrent la France, etc. Ils se tapaient des bonnes barres de rire. Ils se vannaient toute la journée mais ils savaient qu’il y avait un message profond, ils se découvraient les uns les autres. Ça a été une aventure extraordinaire et là on est dans la réalité, là on est proche du film. L'épisode de la croix gammée n’a pas eu lieu sur le mouvement de la marche mais il a eu lieu à Bondy à la même période : c’était une spécialité en France, le cutter c’était l’arme préférée des racistes et on allait jusque dans l’os pour que les gens soient marqués à vie. Sinon, tout ce qui s’est passé dans le film est réellement arrivé et je vais même vous dire, on a gommé beaucoup de choses, parce que ça aurait été insoutenable.

 

 

 

 

De gauche à droite, Vincent Rottiers, Tewfik Jallab, M'Barek Belkouk, Charlotte Le Bon, Olivier Gourmet et Jamel Debbouze © CHI-FOU-MI PRODUCTIONS

 

 

 

Nabil Ben Yadir : Les gens les attendait avec des fusils et c’est leur non-violence, leur inconscience qui leur a permis de survivre. C’est ce que disait Jamel, il faut avoir de l’inconscience, de la naiveté pour traverser une autoroute les yeux fermés et c’est ce qu’ils ont fait. Leurs parents les ont pris pour des fous, des inconscients, des allumés, mais c’est la naïveté qui a été leur premier moteur. Parce qu’ils y ont cru. Oui, je pense qu’il faut un peu d’inconscience pour pouvoir faire de grandes choses.

 

"Il faut un peu d’inconscience pour pouvoir faire de grandes choses"

 

Et les Renseignements Généraux dans tout ça ?

 

Tewfik Jallab : Ils étaient là au départ pour court-circuiter la Marche et très vite, quand ils ont vu l’ampleur que ça prenait, on leur a dit : "Protégez-les" - parce qu’ils recevaient beaucoup de menaces les marcheurs - "Protégez-les car il ne faut pas en faire des martyrs". Et puis certains RG sont devenus réellement des marcheurs. Et ça, c’est vrai. Donc c’est magnifique.

 

 

 

Les marcheurs se sont dit dépossédés de leur combat. Pourquoi ?

 

Tewfik Jallab : Vous savez, ils étaient partis avec un objectif qui était celui de marcher pour l’égalité et contre le racisme. Alors c’est très naïf comme démarche, mais elle est grande et belle. Simplement, quand on arrive à Paris avec 100 000 personnes, le message a dépassé le messager.

 

"SOS Racisme a divisé la France en deux"

 

Nabil Ben Yadir : On a entendu parler de SOS Racisme juste après. Ils ont divisé la France en deux, en disant : "il y a les victimes, il y a les bourreaux, il y a les racistes, il y a les anti-racistes". C’est à l’opposé du message initial. Les marcheurs disaient : on est tous Français, on est tous pareil, unissons-nous. Et le fait que tout ça se soit politisé les a un peu dérangés.

 

 

 

Tewfik Jallab : Ils se sont dit que, peut-être le message n’était pas réellement passé au bon endroit. Forcément la politique prend le pouvoir, on voit quelque chose qui fonctionne, qui est « en marche » (sans mauvais jeu de mots) et puis on le récupère. Et eux, on les laisse un peu de côté parce qu’ils étaient ce qu’ils étaient.

 

 

 

Nabil Ben Yadir : Toumi Djaidja, c'est quelqu’un qui a disparu de la circulation et de la scène médiatique juste après la Marche parce que c’était quelqu’un d’innocent, d’humaniste, de totalement apolitique, donc finalement moins intéressant… pour certains. Quand je l’ai rencontré, je suis tombé sur Ghandi. Ghandi habite à Vénissieux.

 

 

 

Selon un sondage, seulement 19 % des Français se souviennent de cette marche : Comment expliquez-vous cette amnésie collective ?

 

Nabil Ben Yadir : Moi je préfère dire le contraire : 80% de la population n'est pas au courant. Je trouve ça hallucinant. Cette histoire a été un peu déformée : on est passé de "Marche pour l’égalité et contre le racisme" à "Marche des beurs" et c’est la pire chose qui pouvait arriver au mouvement. Le film prouve que c’est la marche des Français. C’est une histoire qui a été chaque fois réécrite au fur et à mesure. Et le sens même de cette histoire, très peu de personnes le connaissent, or plein de gens se sont appropriés cette Marche. Mais quand on regarde les images d’archives, on se rend compte qu’ils étaient juste à Paris. Et c’est important de leur dire : "Non vous n’étiez pas des marcheurs. Vous avez accueilli les marcheurs, mais les vrais marcheurs de 1983, c’est eux."

 

"C’est dur pour un pays de se dire on a fait du mal"

 

Tewfik Jallab : C’est dur pour un pays de se dire on fait du mal, on a fait du mal. C’est très dur de s’excuser, ça veut dire que l’on admet avoir été faible, avoir fait des choses qui sont horribles. Un pays qui pardonne, un pays qui s’excuse, ça fait avancer beaucoup de choses et on en est les premiers témoins. Nous, notre but, c’est d’inscrire La Marche dans les manuels scolaires. Parce que les années 80 c’est pas seulement les radios libres, c’est pas seulement Michael Jackson qui vend Thriller, c’est aussi La Marche.

 

 

 

 

Jamel Debbouze et Olivier Gourmet© CHI-FOU-MI PRODUCTIONS

 

 

 

Vous pensez que l’esprit de la Marche s’est éteint aujourd’hui en France ?

 

Tewfik Jallab : La Marche c’est éternel. La lutte contre le racisme ou l’égalité c’est un chantier permanent. Le métissage va régler pas mal de choses, je crois que l’éducation c’est la base. Et puis il y a aussi, la culture, l’ouverure d’esprit… Ce sont des choses sur lesquelles il faut peut-être réorienter la politique.

 

 

 

Propos recueillis à Paris le 14 novembre 2013 par Mathilde Degorce

 

Sur le Chemin de l'Ecole Affiche

Sortie le 25 Septembre 2013

Sur le chemin de l'école suit l’extraordinaire destinée de cinq enfants aux quatre coins du globe, pour qui l’accès à l’éducation est à priori impossible.
Comme un écho au célèbre adage de pierre Rabhi : « La question n’est pas tant de savoir quelle terre nous allons laisser à nos enfants mais plutôt quels enfants nous allons laisser à la terre », Sur le chemin de l'école apporte la preuve que ces enfants qui bâtiront le monde de demain ont une conscience aigue de l’importance de l’éducation et de l’apprentissage, et que sans école, nos sociétés n’ont pas d’avenir.
Véritable ode à la vie, Sur le chemin de l'école nous entraîne dans les décors sublimes de la savane du Kenya, des monts de l’Atlas marocain, de la campagne indienne ou du désert australien. nous suivrons ces enfants prêts à parcourir des kilomètres chaque jour, bravant tous les dangers, pour rejoindre leur classe et accéder à l’éducation, sésame d’une vie meilleure. leur ambition ? Apprendre, comprendre, saisir leur chance, pour devenir un jour pilote de ligne, médecin, professeur.

Synopsis


A Troumaron, aux abords de Port-Louis, capitale de l’île Maurice, la vie s’est arrêtée. L’usine est fermée. Les hommes et les femmes au chômage regardent la vie derrière leurs rideaux déchirés. Les garçons font la loi et les filles tentent d’éviter leur regard.

A Troumaron, quartier oublié de l’île Maurice en développement, l’Histoire s’est arrêtée.

Se faufilant dans l’ombre jaune des immeubles, quatre jeunes, Sad, Eve, Savita et Clélio, rac- ontent leurs jours et leurs nuits, leur tentative de survie et leur absence d’avenir. Ils regardent le monde avec des yeux nus, sans illusion.

Eve se prostitue depuis l’enfance pour survivre, pensant que c’est elle qui utilise les hommes et non le contraire. Malgré les regards de condamnation qui pèsent sur elle, elle continue de croire que le prédateur, c’est elle.

Sadiq, dit Sad, tente d’oublier sa solitude en faisant partie d’une bande de jeunes voyous, mais rêve d’être poète après avoir découvert Rimbaud en classe. Amoureux d’Eve, il la suit de loin tandis qu’elle est entraînée dans sa course d’auto-destruction, espérant pouvoir la protéger malgré elle.

Savita, appelée « la bonne fille » mais refusant ce surnom, décide un jour de fuir Troumaron, de tout quitter pour tenter sa chance ailleurs. Mais alors qu’elle s’en va, elle voit Eve, seule, dévastée par une souffrance secrète. Elle décide de rester pour elle – mais les conséquences de cette décision seront terribles pour ces enfants de Troumaron.

Clélio, le jeune récidiviste, est rongé par la colère et par l’abandon de son frère Carlo, parti en France, mais ne trouve aucune solution pour sortir de cette rage.

La bande de voyous ne supporte pas de voir Eve et Savita les défier et s’échapper de leur em- prise. Leur colère gronde autour d’elles.

Elles décident de fuir ensemble Troumaron. Pour cela, Eve a un plan.

Lorsqu’elle met son plan à exécution, les conséquences seront dévastatrices pour tous les qua- tre. Le destin se refermera inexorablement sur eux, jusqu’à l’explosion.

Les enfants de Troumaron est un voyage dans une île Maurice éloignée des images formatées et des clichés. C’est l’envers du décor, la face cachée d’un pays qui, comme tous les pays en voie de développement, a sa part de lumière et sa part d’ombre.

C’est dans cette part d’ombre que nous entraîne « Les Enfants de Troumaron ».


Note d'intention des réalisateurs

Ce deuxième long-métrage de la société de production Cine Qua Non est basé sur un scénario tiré d’un roman de l’écrivaine mauricienne Ananda Devi, intitulé « Eve de ses Décombres ».

Ce qui nous a attiré dans ce roman est le regard intransigeant et juste qu’il porte sur la société mauricienne de ce début de 21e siècle et, plus largement, sur notre monde et notre époque à travers ces quatre portraits d’adolescents qui racontent leur vie dans un quartier défavorisé de Port-Louis, dans une communauté en proie au chômage et abandonnée par le reste de la société.

Nous suivons l’histoire de chacun de ces jeunes, leur lutte, leur stratégie de survie, la façon dont ils tentent de s’échapper de Troumaron, le lieu où se situe le film. Nous avons tourné le film dans un quartier semblable à Troumaron, un lieu d’où tout espoir semble exclu, et qui laisse son empreinte et sa marque sur les jeunes protagonistes du film. Ce lieu omniprésent a une place particulière dans le film, en devient presque l’un des personnages. Les habitants du quartier se sont laissés filmer dans leur quotidien jusqu’à ce que la ligne entre la réalité et la fiction devienne presque imperceptible.

Les images de l’île Maurice sont, comme dans le roman, éloignées de celles qui sont d’habitude véhiculées par les média. On sent ici le frémissement du danger, malgré le début plutôt serein et lent du film. Petit à petit, les ombres qui entourent les personnages principaux se précisent. L’instant du basculement arrive d’ailleurs très tôt dans le film : quand Savita décide de fuir Troumaron et qu’elle rencontre Eve par hasard sur la plage, elle décide, émue par la détresse d’Eve, de ne pas partir. Cette rencontre des deux jeunes filles semble leur promettre un espoir qu’elles n’avaient pas jusque là. Pourtant, cette décision de Savita va l’entraîner à sa mort.

Ce qui nous a également séduits était les liens entre tous les personnages, qui se resserrent peu à peu comme dans un étau, à la manière d’une tragédie grecque. Sad veut protéger Eve mais il fait partie de la bande qui menace les deux jeunes filles ; le plan d’évasion d’Eve va aboutir à la mort de Savita ; le meurtre de Savita conduit à l’arrestation de Clélio ; l’arrestation de Clélio va mettre le feu à l’étincelle de violence qui menaçait la cité ; et Eve, le cœur et le centre du film, le plus ambigu des personnages, va clore ce cycle dévastateur.

Ce film fait au final un constat politique : à propos de la démission des organismes du pou- voir, des adultes incapables d’offrir à leurs enfants de vrais repères, et de la société qui préfère ne pas voir les tragédies qui ont lieu sous ses yeux. Le choix de la violence est, comme le dit Sad, « la résistance des désespérés. »