Programme exposition et littérature 2012

- Du 22 mai au 12 juin à la médiathèque

EXPOSITION « Bahati : Effroi et véhémences »

Bahati a longtemps pratiqué le dessin avant d’élargir son univers créatif à la peinture. Son cheminement de l’abstrait au figuratif s’est opéré progressivement pour cette native de Bukavu, ville frontière et tumultueuse, entre Congo (RDC) et Rwanda.

Elle a longtemps portée en elle la marque de cette empreinte tragique avant d’en faire la substance de son travail, pour rappeler à notre mémoire oublieuse ces cris et cet effroi pas si lointains.

Étudiante à Butaré (Rwanda) en 1994, elle a vécu de près ces évènements. Il a fallu une dizaine d’années pour qu’elle nous livre ces cris et fuites dans les camps de réfugiés où elle accompagnait des médecins.

- Vendredi 1er juin : 18h médiathèque

Vernissage de l’exposition en présence de l’artiste

J’ai écrit sur les flammes… (2001)

Lecture pour Voix et cordes

 

Une femme

Un amour,

Un pays qui brûle

 

Paroles d’amour

Cahier de guerres

Et l’Afrique en écho…

 

Montage de textes de fictions et récits d’auteurs des Afriques sur le drame Rwandais de 1994, la guerre du Mozambique, l’insurrection de 1947 à Madagascar et l’Ouganda d’Idi Amin Dada.

- Samedi 2 juin :

o         11h à la médiathèque 
§          Rencontre signature avec Arnaud FLOC’H (BD adulte)
·          Embrigadement religieux en Afrique

 

o         15h sous la tente conférence
§          Rwanda 1994 - Biafra : de l’engagement des auteurs africains et de la diaspora
·          Catherine MAZAURIC enseignante-chercheuse à l’UTM
·          Christiane FIOUPOU enseignante-chercheuse à l’UTM
·          Arnaud FLOC’H

- Dimanche 3 juin:

o        15h sous la tente littéraire :
§         « l’Afrique des expatriés » : rencontre avec Arnaud FLOC’H auteur de BD adulte

BIBLIOGRAPHIE non exhaustive

Arnaud FLOC’H

Auteur BD né au Cameroun, il vit aujourd’hui entre France et Mali et travaille actuellement à l'adaptation des Racines du ciel de Romain Gary, l'un des plus beaux livres sur la liberté. Il a co-signé avec Yves PINGUILLY, des albums jeunesse en tant qu’illustrateur.

Otages – A paraître début 2012 chez Futuropolis, sur l’embrigadement religieux au Togo
La vallée des papillons – Des ronds dans l’O. L’histoire se passe au Mali, l’auteur a voulu aborder le problème des femmes blanches expatriées, souvent esseulées à cause de maris riches, entrepreneurs et coureurs. Et ces femmes à la quarantaine bien portées cherchent encore dans cette Afrique moderne qui les dépasse, à convaincre, et à séduire. Du moins à se convaincre qu'elles en sont encore capables. C'est un livre très violent.
La compagnie des cochons – Delcourt collection Mirage. Cet album traite de plusieurs facettes de l'Afrique moderne des capitales. En l'occurrence, Bamako. Celle où je vis. J'ai mis en scène un photographe issu de famille de griots, et confronté à la modernité. Au mélange des populations blanches et noires aisées, au fléau des chinois, de la prostitution russe, et de l'immigration clandestine guinéenne. Bref, ce photographe perd ses repères de griots, détenteur du savoir, pour se transformer en "maître chanteur“ d'alcôve, profitant de sa situation d'homme introduit dans les classes aisées, et dans le même issu des bas-fonds de Lafiabougou, les durs bidonvilles de Bamako.
Les épines du Christ (1 et 2) - Carabas Ed. L’auteur s’est intéressé au Nord Cameroun de 1963, au moment où l'administration coloniale pliait bagages officiellement, en prenant bien soin de laisser en place les bons pions, avec leurs bons chefs, Foccart et Ahidjo. Il a voulu bâtir une histoire d'aventure mettant en scène un personnage d'instituteur noir, partagé entre ses racines culturelles, la magie et ses pouvoirs, et la culture des blancs, dans laquelle il a grandi.

Catherine MAZAURIC

Enseignante-chercheuse à l’université Toulouse II le Mirail, membre de l’Association Pour l'Etude des Littératures Africaines. Ses thèmes de recherches sont : Littératures en français d'Afrique subsaharienne ; écritures migrantes ; littératures postcoloniales ; dynamiques transculturelles ; lecture littéraire en situation de contacts de langues et de cultures. Elle a publié de nombreux articles et ouvrages dont :

Le Lecteur d'Afriques. Contribution à une didactique transculturelle de la lecture littéraire, Université Toulouse II Le Mirail, 2004.
Fictions / Documents, Etudes Littéraires Africaines 2008/26, 2008, Karthala, Paris, avec Delas Daniel,

Littératures africaines et territoires : « Lambeaux d’Afrique en terre d’ailleurs », 2011, Karthala, Paris, ouvrage collectif avec Mazauric Catherine, dans Albert Christiane, Abomo-Maurin M.-R., Garnier X., Prignitz G., dir.,.

Christiane FIOUPOU

Enseignante-chercheuse à l’université Toulouse II le Mirail, elle travaille et dirige des thèses sur la littérature africaine anglophone. Au nombre de ses ouvrages, on peut citer les traductions de Wole SOYINKA et Niyi OSUNDARE

 Plumes à louer, édition bilingue du poème de Wole Soyinka, Paris, Revue Présence Africaine 163-164, 1er et 2ème semestres 2001, pp. 122-123.
« Quatre poèmes » de Niyi Osundare traduits en français (« Né à la ferme », « Pour John Donne », « Plaidoyer pour les petites choses », « Tomber de l’arbre des mots ») et introduits pour la revue d’écrits littéraires inédits Caravanes, Paris, Phébus, 2003, pp. 252-259.
Opera Wonyosi, de Wole Soyinka : Traduction d’extraits de la pièce (chants et dialogues) et présentation, .LEXI/textes 8, Paris, L’Arche Editeur, 2004, pp. 75-85.
Waiting Laughters / Rires en attente, édition bilingue anglais/français de poèmes de Niyi Osundare, Présence Africaine, 2004, 240 pp.
Baabou Roi ( pièce à la manière de – en gros– Alfred Jarry) de Wole Soyinka, Actes Sud Papiers, 2005, 106 pp.

Gilbert GATORE

(contact en cours)
Ecrivain rwandais, il aborde le drame rwandais de 1994 par la fiction.

« Rwanda : écrire par devoir de mémoire »

Le projet «Rwanda : Ecrire par devoir de mémoire» est né à l’initiative de l’association Arts et Médias d’Afrique, organisatrice de l’événement culturel annuel Fest’Africa à Lille. L’objectif était d’organiser des résidences d’écriture avec des écrivains africains et de les amener à écrire pour la mémoire et contre l’oubli.

Au cours de l’année 2000, huit livres issus de cette initiative ont été publiés. Et parmi eux, nous avons particulièrement travaillé sur :

L’aîné des orphelins du Guinéen Tierno MONENEMBO, Seuil 2000, Points Seuil 2005

Dans ce roman ? récit ? écrit lors d’une résidence au Rwanda, Tierno Monénembo ne fait pas une approche frontale des massacres. Il saisit le destin d’un jeune désœuvré de quinze ans, Faustin, dont il décrit son parcours avant puis après le génocide. Cet orphelin, adulte avant l’âge comme des milliers d’enfants laissés à l’abandon, survit de larcins et d’autres bricoles du même genre dans une bande de resquilleurs. Mais Faustin se démarque des autres par son cynisme cruel et sans remords qu’il porte sur ses congénères. Prêt à tout pour gagner quelques dollars, sa différence entre le bien et le mal est totalement absente de sa moralité pervertie. En dépit de mains secourables qui tentent de l’éloigner de ses vices et des menaces qui attendent tous les gamins de la rue dans une société délabrée, Faustin les refuse ancré qu’il est dans une pensée destructive et fataliste. Attendant son exécution dans le couloir de la mort pour un crime crapuleux, il se remémore sa vie au village faite d’insouciance avant que le génocide ne survienne. Tierno Monénembo nous offre avec ces pages les perditions d’une société qui se doit d’être reconstruite en dépit de ses traumatismes cauchemardesques.

 

Murambi, le livre des ossements du Sénégalais Boris Boubacar DIOP, Zulma 2010

Construit comme une enquête, avec une extraordinaire lucidité, le roman de Boubacar Boris Diop nous éclaire sur l’ultime génocide du xxe siècle. Avant, pendant et après, ses personnages se croisent et se racontent, s’aiment et se confessent. Jessica, la miraculée qui sait et comprend du fond de son engagement de résistante ; Faustin Gasana, membre des Interahamwe, la milice des massacreurs du Hutu Power ; le lumineux Siméon Habineza et son frère, le docteur Karekezi ; le colonel Perrin, officier de l’armée française ; Cornelius enfin qui, de retour au Rwanda après de longues années d’exil, plonge aux racines d’une histoire personnelle tragiquement liée à celle de son peuple.

Romancier et essayiste, Boubacar Boris Diop est né à Dakar en 1946. Après avoir travaillé pour plusieurs journaux sénégalais, il continue de collaborer à des titres de la presse étrangère. La résidence d’auteurs « Rwanda : écrire par devoir de mémoire » lui a permis de prendre en 1998 toute la mesure du génocide des Tutsi. Murambi, le livre des ossements est né de cette expérience. « Pourquoi moi, l’écrivain, le journaliste, n’ai-je pas à l’époque, « été capable de voir un seul de ces centaines de milliers de corps » et ai-je adhéré aux clichés ethniques d’une Afrique cannibale ? Sans doute, conclut-il, parce, comme le dit un proverbe wolof, « si tu empruntes à quelqu’un ses yeux, ne t’étonne pas de ne voir que ce que lui-même voit. »

 

Moisson de crânes du Djiboutien Abdourahmane A. WABERI, serpent à plumes et motifs 2000 et 2004  

Moisson de crânes de Waberi fait partie du projet : « Rwanda : écrire par devoir de mémoire », qui a permis à des artistes de séjourner à Kigali. Waberi, qui a conscience des enjeux d’un tel livre, fait allusion à la fameuse question d’Adorno sur l’impossibilité du langage à dire l’indicible, l’innommable. Pour appréhender l’horreur du génocide rwandais et contrecarrer cette impossibilité, Waberi utilise divers procédés littéraires qui le placent à la frontière de deux traditions du discours du silence et lui permettent de les dépasser.